

Il est 21h30, le Hall Des Foires de Coronmeuse est rempli de kids prêts à lever les bras au moindre beat. Ils attendent Late of the Pier, le groupe anglais propulsé l’année dernière par le NME. Leur album, sorti à la fin de l’été 2008, est presque unanimement considéré par la presse européenne comme l’un des grands disques de l’année. Le concert de samedi soir aux Transardentes ne sera pourtant pas à la hauteur ; présence scénique quasi nulle, charisme inexistant et qualité de son laissant à désirer. Malgré des chansons incandescentes et des refrains percutants, Late of the Pier ne mit donc pas le feu au festival liégeois. Revenons malgré tout sur leur album, ce fameux Fantasy Black Channel dont la presse indie et les blogs fluo ont tant eu à dire.
Avec ce premier album, ces quatre jeunes anglais (moyenne d’âge 21 ans) ayant écumé les soirées du Liars Club (dont la programmation va d’Art Brut aux dj’s à la mode) avant de se mettre à la tâche ont peut-être bien réussi LE casse de 2008. Ces escrocs ont racketté tout ce que la musique pop a créé ces quarante dernières années pour remplir d’influences diverses leur premier opus jusqu’à l’écœurement. Oui, dans Fantasy Black Channel, il y a du rock, de la pop, un peu d’électro, une cuillère de glam, une pincé de disco, quelques gouttes de krautrock et beaucoup d’énergie. Ce mélange d’influences, ce surplus d’instruments, ce fourre-tout électronique aurait pu sonner cheap et friser l’indigestion. Il n’en est rien, le dj guru Erol Alkan, à la production, ayant su doser à merveille la grandiloquence des quatre Britanniques.
L’alchimie fonctionne tout au long de l’album entre le dj producteur et les baby rockeurs, les tubes s’enchaînent mélangeant guitares acérées à la Gang of Four et synthés à la Gary Numan. Sur cet album, on peut passer allégrement de l’électricité des Pet Shop Boys au mauvais goût de Queen (ou l’inverse, ndlr) sans que cela ne pose le moindre problème. Les compositions, certes tortueuses, n’en oublient pas moins des refrains accrocheurs pour créer des petites perles en puissance telles ce Broken sautillant et fédérateur, The bears are commings et son intro aux percus indiennes enchanteresses, Heatbeat qui -avec son synthé unique spatial et intemporel- résonne déjà comme un classique ou encore Focker, morceau rapide, violent et strident qui entre dans notre cerveau dès la première écoute, pour ne plus jamais en sortir. L’album se termine par l’énorme Bathroom Gurgle, condensé de ce que Late of the Pier fait de mieux (durant 7 minutes), à savoir, des pop songs efficaces faites d’influences diverses et de folies douces.
Malgré l’énorme hype qui entourait le groupe et leur prestation live plus que moyenne, force est de constater que Fantasy Black Channel est un grand album, à la fois loufoque et efficace, faisant fusionner indie rock et culture électro dance comme l’avait fait avant eux New Order ou encore Primal Scream. Late Of the Pier fait donc partie du renouveau de la scène anglaise, loin devant les peu inspirés Klaxons et leur Myths of the Near Future pourtant érigé au rang d’étendard de la scène anglaise, il n’y a pas si longtemps.
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