

| Bien que possédant les précédents opus d’Animal Collective, je ne fais pas partie de cette armée de fans criant au génie à la moindre note sortant du laboratoire des New-Yorkais. J’ai toujours jeté une oreille attentive aux productions du groupe, elles m’ont d’ailleurs toujours étonnées par leurs folies et leurs expérimentations. Aucun de leurs disques n’est toutefois resté, pour moi, un album de chevet. Non, Animal Collective n’a jamais été de ces putains de groupes dont les putains de chansons m’obligent à les réécouter sans cesse. C’est un énorme labo, à l’expérimentation labyrinthique ; source de tant d’idées créatrices où viennent piocher à leur guise de nombreux concurrents... mais il manque néanmoins à chaque fois un petit quelque chose pour me faire succomber. Peut-être un brin d’émotion.
Animal Collective débarque, une nouvelle fois, avec un album plein d’inventivité et de folie, mais, fait nouveau, Merrywheater Post Pavillion lorgne vers des chansons aux formats plus pop, lumineux, voir carrément accessibles dès la première écoute (My Girls). Animal Collective aurait-il vendu son âme au diable ? Pas vraiment, non, bien que plus sucré, leur neuvième album n’en reste pas moins arty et tortueux, tout en contenant de véritables chansons. Pas la peine de vous dire que la presse est unanime (des magazines féminins branchés aux musicaux plus pointus) : on commence à s’y habituer. Chose beaucoup plus irritante, le disque est déjà considéré comme album de l’année par une partie de cette même presse et de la blogosphère, sauf que, l’année vient à peine de commencer. Dans ces conditions là, n’apprécier que moyennement Merrywheater Post Pavillion devient presque une faute de goût. J’y ai mis du miens, connaissant la complexité des albums d’Animal Collective, attendant un nombre important d’écoutes (au casque) pour me faire une idée précise de la qualité de l’album. Conclusion : Merrywheater Post Pavillion n’est pas un chef d’œuvre, Merrywheater Post Pavillion est pourtant très beau, Merrywheater Post Pavillion est complexe mais pop, Merrywheater Post Pavillion est à la fois aquatique et électronique, plus encore que Strawberry Jam qui s’aventurait pourtant déjà dans des courants plus techno. Merrywheater Post Pavillion est, malgré cela, probablement le meilleur album d’Animal Collective. Animal Collective deviendra, sans aucun doute, un groupe culte, un de ces groupes tellement fous, qu’il restera dans les mémoires...... (collective va sans dire). Un groupe important de la scène pop-rock, car à chaque nouvel album, il pousse la musique pop dans ses retranchements les plus extrêmes, dans ses terrains les plus obscurs et inexplorés et rien que pour cela, je respecte énormément leur formation. Malheureusement, bien qu’une nouvelle fois impressionné et conquis par de nombreuses chansons - l’énorme My Girls, le fabuleux Daily Routine, le très beau et mélancolique No More Runnin ou encore le joyeux Summertime Clothes aux rythmes martiaux et frénétiques, l’album, dans son ensemble, reste encore un peu indigeste. Animal Collective arrive donc, début 2009, avec cette neuvième plaque, dont il ne manque pas grand-chose pour qu’il soit le très grand disque que l’on attend d’eux. Certains parient déjà, qu’avec un Merrywheater Post Pavillion s’égarant vers le format chanson, le prochain album des musiciens de Brooklyn sera encore plus pop et fera d’eux le Radiohead américain, conciliant expérimentation et format radio. Moi, je crois surtout qu’Animal Collective restera toujours ce groupe barré, superposant les sons et chantant, à la manière de vieux sorciers, des paroles aux échos chamaniques et aux profondeurs abyssales. |
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