mercredi 8 juillet 2009

All you need is WARP !




Nous sommes en 2009, Warp Records fête, cette année, ses vingt ans d’activisme et de folie électronique. Plus qu’un simple label, Warp est devenu, en l’espace de deux décennies, un gage de qualité et cela, sans aucun compromis. Le label de Sheffield a réussi à imposer sa façon de voir la musique et est devenu une influence indéniable pour tous les passionnés d’électronique… HAPPY BIRTHDAY TO WARP !

1989

En 1989, en pleine Angleterre Thatchérienne, Sheffield, bastion de l’industrie ouvrière britannique, subit une forte désindustrialisation. Les usines ferment l’une après l’autre, laissant friches et hangars aux mains des premiers « ravers ». À Manchester, l’Hacienda voit débarquer l’acid house et 808 state sort son meilleur disque : 808:90. Leur titre « cubik » résonne, dans toute l’Angleterre post-industrielle, comme un hymne pour une nouvelle génération. Une génération qui danse, en pleine crise industrielle, sur des rythmes robotiques. Steve Beckett et Rob Mitchell font partie de cette génération, ils possèdent une boutique de disques et, cette même année, ils décident de monter aussi un label ; ce sera Weirds And Radical Projects. Warp Records est né.

I D M

Après quelques sorties passées inaperçues, les deux potes, aux nez fins et aux oreilles grandes ouvertes, sortent coup sur coup « Dextrous » de Nightmare On Wax et le titre culte éponyme de LFO. LFO vend 130.000 copies de son maxi et offre ainsi à Warp son premier hit. Grâce à ce hit, le label gagne en reconnaissance. S'ensuit le premier album de LFO, qui est, également, la première sortie album pour le label. Mais on ne peut vraiment ressentir le son Warp, tel qu'on le connaît, qu’à la sortie des compilations Artificial Intelligence 1 et 2. Sur ces deux compiles, on retrouve, entre autres, Richie Hawtin, sous le pseudo FUSE, Auterche, The Black Dog ou encore Polygon Window aka Richard D. James. A partir de ce moment, on parlera d'IDM, Intelligence Dance Music, terme inventé par la presse britannique. Le label se fera alors l'étendard de ce nouveau style, à coup de sorties fracassantes telles que le premier album d'Auterche, fabuleux laboratoire aux sonorités métalliques et déstructurées.

Richard D. James

La star du label, c'est lui, Aphex Twin, allias Richard D. James, déjà responsable de quelques maxis, sous divers pseudos, pour la maison. Il rejoint officiellement Warp sous le nom d'Aphex Twin en 1994. Les albums "I Care Because You Do" (1995) et "Richard D. James Album" (1996) sont d'énormes claques. Une électro vrillée aux accents drum'n'bass et au son complètement déstructuré. Un son, des beats, une marque de fabrique, une influence énorme. La légende Aphex Twin est née. Richard D. James ne cessera d'entretenir le mythe, à coup de sorties renversantes (Windowlicker, Come to daddy...), de clips fous réalisés par Chris Cunningham et d'un certain talent pour cultiver le mystère autour de son personnage.

Malgré l'influence d'Aphex Twin, Warp c'est aussi le fabuleux Squarepusher au son jungle free-jazz étonnant et détonant ; les sons plus doux et cinématographiques de Plaid ou Board of Canada ; mais aussi d'autres talents comme Prefuse 73, Flying Lotus, Broadcast et beaucoup d'autres.

2000

Les années deux milles voient le label pourpre se diversifier, mais toujours avec un goût certain. Place maintenant à la pop folk de Gravenhurst et de Grizzly Bear, à l'électro soul de Jamie Lidell et au rock ou math-rock de Battles, Pivot ou Maximo Park. Warp s'aventure maintenant partout, mais toujours avec pertinence, n’'abandonnant pas l'électronique pour autant. Il nous le prouve avec d'énormes sorties comme Clark, Jackson, qui fut, d'ailleurs, une des grandes influences de la french touch 2.0 ; ou encore le terrible "Township Funk" de Dj Mujava. Warp a vingt ans, mais n'est pas prêt de s'arrêter. Ils sont rares les labels que l'on achète, sous simple évocation du nom de la maison, sans même connaitra l'artiste qui signe la plaque. Warp, depuis 20 ans, fait partie de ceux là, RESPECT.

Aphex Twin sera en live au Dour festival le 19 Juillet en compagnie d'Hecker, à ne pas rater.

Phoenix, paradis perdus




Le Buzz Phoenix ne cesse d’enfler, trois ans après It’s Never Been Like That’s, le groupe sort son successeur, sur son propre label Loyauté, l’étrangement nommé Wolfgang Amadeus Phoenix. Un buzz rondement mené par le groupe qui commença le 23 février par la distribution, en téléchargement gratuit sur son site, du premier single 1901. Bilan : le groupe devient le band le plus bloggé cette même semaine. S’ensuivra un joli cadeau, Phoenix est reçu comme invité musical dans l’émission américaine culte Saturday Night Live sur NBC. C’est la première fois qu’un groupe français y est reçu pour une prestation live . Le groupe y joue 1901, Lisztomania et pour clôturer le show leurs tubes too young et Consolations Prizes. Bien évidemment, ce passage à Saturday Night Live représente un impact mondial et une vitrine de luxe pour le groupe français. Sans compter les quatre vidéos de très bonne qualité, made in NBC, qui se transformeront vite en carte de visite en or. Circulant de blogs en blogs, elles s’affichent comme la meilleure pub pour Wolfgang Amadeus Ph…. et pour Phoenix en tant que tel. Derrière ce show à l’amerciane, se cache pourtant un véritable chef-d’œuvre de pop.

L’album conçu dans des endroits forts en symbolique, comme l’appartement Parisien de Théodore Géricault, un bateau sur la Seine ou au Bowery Hotel de New York, permit au groupe de trouver l’inspiration pour un quatrième opus qui s’avère être celui de la consécration. Leur Wolgang Amadeus Phoenix risque bien de rythmer l’été de bons nombres d’amateurs de musique et, plus spécialement, les amateurs de Pop avec un grand P, celle des Beach Boys ou de Roxy Music. On ne peut donc vous le cacher bien longtemps, l’album est vraiment très très bon, bien que cela reste du Phoenix pur jus. La recette est connue, mais n’en demeure pas moins jouissante. On retrouve donc le Phoenix des anciens albums, mais en mieux, plus tendu, plus rock, plus ambitieux. Une pop absolue, un sens du groove génialissime, des refrains délicieusement sucrés, sans écœurement, le tout saupoudré d’une production profil bas, tout en sobriété. Décidément, le retour de phoenix est fracassant.

On entame l’album avec les énormes tracks, Lisztomania et 1901 , les deux premier singles de Wolfgang Amadeus Phoenix. La première ode, à Frans Lytz, est calibrée tube en puissance et est déjà sur toutes les lèvres, une efficacité dès la première écoute, sans lasser (jusqu’à présent). La seconde, plus rock et 100 pour cent « phoenix style » , s’avère tout aussi efficace, j’adore la rythmique sur ce titre et le chant tout en tension de Thomas Mars. Arrive ensuite Fences, meilleur titre de l’album pour moi, très eighties, très romantique, un côté synthétique dans les claviers avec une voix lunaire, parfait. Après ce trio gagnant, break, place à Love Like A Sunset part 1 et Love like a sunset part 2, qui s’écoutent, finalement, comme un seul track, un track très Tangerine Dream d’ailleurs. Les deux morceaux qui surprennent le plus sur l’album et qui sont, pourtant, d’une grande réussite. Lasso arrive à coups de beat, tout droit venu d’une batterie assez fabuleuse sur ce titre, toute la classe d’un batteur pop se retrouve ici. Rome se révèle encore être un énorme tube pop, un de plus, à la sauce phoenix, classe et tout en retenue. J’accroche moins sur le titre countdown, peut-être le titre de trop sur l’album. Mais on ne terminera, néanmoins, pas sur une fausse note, car débarque Girlfriends, une fois de plus, un track réussi haut la main. Avec un titre pareil ça aurait été dommage. On termine l’album sur le fabuleux Armistice, rapide, puissant, avec un break au clavecin qui donne une ambiance film d’horreur et surréaliste au titre, belle trouvaille.

Avant de réappuyer sur PLAY, pour se refaire une dose de phoenix POP (une des meilleure en 2009), on laisse le mot de la fin à Sebastien Tellier : « La musique de Phoenix, c’est la musique des derniers jours de classe, avant les vacances d’été avec son lot d’émotions précieuses qui créent, quand on les ranime, la sensation de “paradis perdus” ». Voilà, on a trouvé les paradis perdus qui accompagneront notre été 2009, et peut-être même plus…