

Quand on entre dans l'enceinte de la Lotto Arena en ce 25 Novembre, on sent déjà une électricité dans l'air, tout le monde sais en foulant l'immense espace de la salle, que nous allons assister là à un concert quelque peu exceptionnelle. Exceptionnelle quand on sait que c'est la toute première fois que le groupe foule le sol belge pour un live, exceptionnelle également quand on connaît le peu de concert que le groupe a donné depuis sa création et également exceptionnelle devant l'ampleur du projet auquel on va assister!
Pléthore de star, écran géant, orchestre à corde, brass band... Sur papier la liste des invités et l'ampleur du show a de quoi donner le tournis. Pour amuse-bouche deux première partie qui figurerons également sur le menu de Gorillaz, Little Dragon tout d'abord et les vétérans du rap US De La Soul, deux concert sympas, mais un peu pauvre visuellement et scéniquement face à la grandeur du mastodonte Lotto Arena, le public pendant ses premières parties n'est d'ailleurs pas encore complètement attentif, partagé entre une visite aux toilettes, la commande d'une tournée de bière ou encore le dernier ragot d'une amie volubile.
Le changement de plateau entre De La Soul et Gorillaz, fera monter l'excitation, les fans commencent à se rassembler, les sièges se remplissent dans les balcons et le calme s'installe.
Les lumières s'éteignent et l'entrée du groupe fera taire les derniers bruits! Dés le début avec l'intro orchestrale et les immenses lettres G O R I L L A Z au fond de la scène le public est emporté dans le monde gorillaz! Les premiers mots du concert nous viendront de Snoop Dogg sur l'écran géant, il entonne "Welcome To The World Of The Plastic Beach" accompagné sur scène de L'Hypnotic Brass Ensemble, dandinant au rythmes de leurs cuivres, le tout supervisé par un Damon Albarn survolté! La machine est lancé, les étoiles sont déjà dans les yeux du public et dans ceux de Damon, comme si ce qu'il vivait sur scène était l'aboutissement de tout son parcours avec Gorillaz.
Le groupe ne cessera d'envoyer du bois pendant les deux heures d'un show unique, hyper en place tout en restant véritablement humain et chaleureux. Accompagné des deux anciens Clash, Mick Jones (guitare) et Paul Simonon (Basses) déguisés en matelot, d'un batteur, d'un clavieriste, de choeurs, d'un orchestre à cordes, le groupe nous offrira un immense spectacle. Basé sur un principe de "cabaret" réactualisé, les artistes entre sur scène pour une chanson, reviennent pour une autre dans une joyeuse fraternité, Damon Albarn est là en chef d'orchestre, en amuseur, en porte parole de tout le projet, son projet, le défendant corps et âme, n'hésitant pas à courir d'un bout à l'autre de la scène, à sauter, à taper dans les mains du public ou encore à agiter le drapeau blanc d'un "White Flag" superbement interprété avec le Syrian National Orchestra for Arabic Music. Outre le spectacle assuré par de superbe vidéos et l'écriteau de Gorillaz changeant de couleurs aux rythmes des ambiances musicales, la vrai grandeur de Gorillaz est de mêler les genres avec toujours autant de classe et de réussite car comment parler de Gorillaz sans parler de ce fabuleux melting-pop alliant musique du monde, hip-hop, musique classique, soul et dessin animé. Loin des grosses productions dans lesquelles s’enferment les groupes pop d’une telle ampleur (on pense par exemple aux infâme U2 ou autres King Of Leon), Damon Albarn semble garder les pieds sur terre, semble rester humble, à l’image de ses accolades émues avec De La Soul ou l’immense Boby Wommack. Déboulant en T-shirt et blouson de cuir, sourire aux lèvres l’immense pop star qu’il est entrain de devenir a gardé sa passion intact comme si il foulait pour la première fois la scène avec blur.
Après 1H45 de concert les artistes quitte la scène quelques minutes avant de les voirs revenir pour un Cloud Of Unknowing avec un Boby Womack au chant poignant. Mais la fête n’est pas encore finie, la Lotto Arena va se transformer en véritable chauderon quand le groupe balancera ses tubes Feel Good Inc et Clint Eastwood, le public ne peut s’empêcher de danser, les bras en l’air, les sourires et les cris ne s’arrêterons plus et l’on se quittera sur Don’t Get Lost In Heaven et Demon Day en étant certain d’avoir assisté là à un de nos plus beaux concerts depuis longtemps. Pari réussi pour la bande à Gorillaz, l’immense machine virtuelle c’est dès lors transformé en un projet bien réel celle d’une troupe protéiforme orchestré par le génie Albarn qui une fois de plus peu continuer à garder le sourire.
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